Il existe des voies de formations menant à deux fonctions différentes dans les soins infirmiers en Belgique :
- Les études d’infirmier breveté hospitalier correspondant à des études prolongeant l’enseignement secondaire, progressivement remplacé par le Brevet de l’enseignement supérieur pour devenir d’assistant.e en soins infirmiers (BES AeSI) et exercer l’art infirmier de manière autonome ou en collaboration avec l’infirmier·ère de soins généraux ou le médecin (situations complexes).
- Les études d’infirmier bachelier responsable de soins généraux sont intégrées à l’enseignement supérieur comme c’est le cas en France.
Dans l’exercice de leur fonction, les tâches de ces infirmiers(ères) sont différenciées : l’assistant(e) en soins infirmiers et l’infirmier(ère) breveté(e) ayant vocation à une prise en charge globale du patient et l’infirmier bachelier ayant lui accès à des spécialisations et davantage de responsabilité après expérience.
Le Brevet d’infirmier hospitalier (CEC niveau 5)
La formation au Brevet d’infirmier hospitalier a cessé de recruter de nouveaux entrants en mars 2026.
Le Brevet de l’enseignement supérieur d’assistant(e) en soins infirmiers (BES AeSI) – (CEC niveau 5)
Cette formation est organisée dans des établissements de formation pour Adultes. A l’issue de la 1ère année validée, le visa d’aide-soignant(e) est délivré permettant d’exercer cette profession ainsi que 5 nouvelles activités d’infirmier(ère) délégué(e). A l’issue de la validation des 60 premiers ECTS, un CESS (équivalent du baccalauréat en Belgique) peut être délivré.
Remarque : il est possible de préparer ensuite le diplôme de Bachelier en soins infirmiers en bénéficiant d’une passerelle avec une dispense de 120 ECTS minimum (équivalent de 2 années).
Le diplôme de Bachelier en soins infirmiers (CEC niveau 6)
Ce diplôme de Bachelier en soins infirmiers est obtenu après 4 ans d’études dans l’enseignement supérieur paramédical. Il s’agit d’un enseignement de type court et professionnalisant proposé dans les Hautes Écoles de la communauté française de Belgique. Ce diplôme peut être suivi d’une spécialisation en Haute école, à l’Université ou par la promotion sociale (formation continue).
Après la 1ère année, il est possible d’obtenir le Brevet d’aide-soignant.
Des spécialisations nombreuses existent après un Bachelier en soins infirmiers en 1 an, parfois 2 :
Art thérapie, gériatrie et psycho gériatrie, anesthésie, oncologie, pédiatrie, radiothérapie et imagerie médicale, réadaptation, salle d’opération, santé communautaire, santé mentale et psychiatrie, soins intensifs et aide médicale urgente, psychomotricité. Mais aussi : stérilisation, soins infirmiers esthétiques, santé publique, cadre de santé…
Comme il n’existe pas de bourses nationales pour les études d’infirmier en France mais des bourses régionales, elles ne sont pas proposées aux étudiants qui effectuent leurs études en Belgique, sauf dans l’éventualité d’un programme de mobilité inter-établissements d’une durée limitée.
La formation du Brevet de l’enseignement supérieur, assistant(e) en soins infirmiers BES AeSI
Ce cursus développe autant les savoir-faire que les savoir-être. Il s’agit d’un programme axé sur la pratique, l’interactivité et la mise en situation réelle avec des stages dès la 1ère année.
Pour accéder à la formation d’infirmier breveté, il faut avoir 18 ans, présenter un diplôme de fin d’études secondaires.
Pour un diplôme étranger, il faut qu’il soit reconnu par le Service des équivalences du Ministère de l’éducation belge – c’est le cas des Bacs généraux et technologiques et de certains Bac pro. Un diplôme d’aide-soignant ou tout autre titre conforme à l’Arrêté du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles du 06/03/1995 est accepté.
Au cas où le candidat ne dispose d’aucun de ces titres, il peut présenter un examen d’admission d’accès. Pour tout renseignement sur les conditions d’inscription et le programme de ces épreuves, adressez-vous au Jury paramédical de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Selon les établissements de formation, les conditions d’admission peuvent sensiblement varier. Mieux vaut s’informer directement auprès d’eux pour en connaître les modalités spécifiques (cf : liste des établissements ci-dessous).
Les études s’étalent sur 3 ans à temps plein mais peuvent être allongées si besoin. Dans ce dernier cas, les cours sont organisés sur deux à trois jours par semaine, parfois en soirée ou le samedi.
Coût des études : 200 à 400€ par an.
La formation en Haute école de Bachelier en soins infirmiers
Pour accéder aux Hautes écoles, il faut avoir obtenu le CESS en Belgique ou un titre reconnu équivalent (Baccalauréat).
Si l’on ne dispose pas d’un diplôme de fin d’études secondaires, il est possible de passer un examen d’accès appelé « Jury paramédical A1 » organisé par la Communauté française de Belgique. Il faut bien préparer cet examen. On peut le faire à distance avec l’EAD* (enseignement à distance) ou en suivant une année de cours préparatoire dans une Haute école.
* EAD de la Communauté française : rue Adolphe Lavallée, 1, 1080 Bruxelles, tél : +32(0)2 690 82 82
L’admission n’est pas de droit : chaque École offre un nombre limité de places.
Se renseigner dès le premier trimestre auprès des Écoles et se rendre aux journées portes ouvertes au printemps pour établir un contact direct.
A ce jour, le Baccalauréat français n’est pas automatiquement équivalent au diplôme de l’enseignement secondaire belge. Il faut préalablement à l’inscription et le plus tôt possible (avant le 15 juillet), établir un dossier de demande d’équivalence : www.equivalences.cfwb.be
La profession d’infirmier est strictement règlementée. Les diplômes européens autorisés pour l’exercer sont mentionnés dans les Arrêtés du 10 juin 2004 et du 6 mars 2020 complété par l’Arrêté du 10 juin 2025. Les diplômes belges de Brevet d’infirmier hospitalier et de Bachelier d’infirmier gradué y figurent. Néanmoins, le Brevet de l’enseignement supérieur ne permet pas d’exercer comme infirmier(ère) en France.
Il convient de vérifier que la formation en soins infirmiers permet la délivrance d’une attestation de conformité en Belgique. Cette attestation est accordée par le Ministère belge de la santé sur demande accompagnée d’un dossier, au service suivant :
Ministère belge, Service public fédéral de la santé publique
Service des professions de santé
Place Victor Horta, 40 – boîte10
1060 Saint-Gilles – Belgique
www.health.belgium.be
A la fin des études, l’infirmier(ère) muni(e) de l’attestation de conformité doit s’inscrire à l’Ordre départemental des infirmiers avec un formulaire complété, une pièce d’identité, son diplôme et son attestation de conformité européenne, un extrait de casier judiciaire. Puis, il pourra se présenter à l’Agence Régionale de Santé (A.R.S.) pour s’inscrire sur le registre ADELI qui recense tous les professionnels de santé, médicaux et para-médicaux.
Le lien pour trouver les établissements de formation francophones d’aide-soignant(e), d’assistant(e) en soins infirmiers, d’infirmier(ère) de soins généraux : cliquer ici
www.dorifor.be : trouver une formation à Bruxelles
devenirsoignant.be : informations sur les professions de soignants(es) en Belgique
www.enseignement.be : informations sur les examens type « jurys »
www.cediep.be : pour connaître les dates des journées portes ouvertes
www.enseignement.be : site d’information sur les études en communauté française
www.sante.gouv.fr : Ministère de la santé en France
www.ordre-infirmiers.fr : site du conseil de l’Ordre des infirmiers
www.ars.sante.fr : Agence régionale de la santé (ARS)
www.health.belgium.be : Service fédéral de la santé publique, demande d’attestation de conformité
Je suis française et je vais entrer dans une Haute Ecole belge pour suivre des études d’infirmier.
Puis-je prétendre à une bourse d’étude ?
Selon vos ressources ou celles de vos parents, vous pouvez peut-être prétendre à une réduction des frais de scolarité. Pour cela, il faut contacter le service d’inscription de l’école. Sachez qu’il n’y a pas d’allocation logement en Belgique pour les étudiants et la Caisse d’allocations familiales en France n’attribue pas d’allocation pour un logement loué en dehors du territoire national.
Côté français, la plupart des bourses du secteur sanitaire* et social** relèvent de la Région. C’est donc auprès de la Région où vous êtes domicilié qu’il convient de s’enquérir d’abord de la règle appliquée pour l’octroi des bourses. Pour exemple, la Région Nord-Pas-de-Calais n’attribue pas de bourses pour les étudiants de ces secteurs qui vont se former en Belgique. Sinon, vous pouvez interpeler également d’autres collectivités territoriales (Département, Commune) afin de présenter votre situation. Si vos parents travaillent dans des entreprises disposant de fonds d’aide sociaux, vous pouvez également les solliciter. Certaines institutions ou grandes entreprises accordent aussi des bourses d’étude ainsi que des fondations privées qui encouragent les projets ou les vocations. Enfin, il reste la possibilité de travailler de façon temporaire (soir, vacances ou week-end) en évitant de dépasser 15h par semaine au risque de compromettre vos chances de réussite. Si besoin, vous pouvez faire le tour des organismes bancaires afin de solliciter un prêt complémentaire à un taux concurrentiel.
Si votre situation sociale est délicate, rencontrez un assistant de service social (dans votre commune, votre circonscription ou au CROUS) pour trouver la solution la plus adéquate.
* formations sanitaires dont les bourses sont rattachées à la Région : auxiliaire de puériculture, aide-soignant, infirmier, pédicure-podologue, masseur-kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien, sage-femme, ambulancier)
** formations sociales dont les bourses sont rattachées aux Régions : assistant de service social, éducateur spécialisé, conseiller en économie sociale et familiale, éducateur de jeunes enfants, technicien de l’intervention sociale et familiale, moniteur éducateur)